LES CALANQUES

LA NAISSANCE DES CALANQUES


Il y a des millions d'années, la mer recouvrait la Provence, déposant les matériaux qui constituent aujourd'hui le Massif des Calanques.

Les nombreux fossiles présents en attestent.
Des mouvements de l'écorce terrestre ont ensuite entraîné plus au sud la formation progressive de la mer Méditerranée. Dans le Massif des Calanques, les fractures des roches résultant de ces mouvements vont guider l'écoulement des cours d'eau qui y creusent leurs lits.

Après une période "chaude", débute, il y a deux millions d'années, une succession d'épisodes froids appelés "glaciations". Une partie de l'eau se transforme en glaciers sur les parties nord et moyenne de l'Europe. Sur le bord de la Méditerranée, le niveau de la mer baisse d'une centaine de mètres et entraîne le surcreusement des vallées par les rivières.

Un lent réchauffement fait suite à ces périodes glaciaires; la mer envahit alors les vallées et donne naissance au paysage actuel des Calanques, tandis que s'individualisent, au large, les îles de l'archipel de Riou. On retrouve la trace des anciennes rivières dans la présence de nombreuses exsurgences sous-marines d'eau douce comme celle de Port-Miou.

LE MONDE DES CALANQUES


Surprenant paysage dans lequel le ciel, la mer et les rochers captivent le regard du promeneur bien plus que ne le fait la végétation, basse et clairseméc de buissons, accompagnée de rares arbres. C'est qu'ici la vie est difficile !

La sécheresse estivale qui caractérise les climats méditerranéens, y dure 3 ou 4 mois. A un ensoleillement très fort s'ajoute un mistral souftlant une centaine de jours par an et une roche calcaire très fssurée laissant disparaître rapidement les eaux de pluie. Il en résulte un climat local de type semi-aride, inconnu ailleurs en France.

Végétaux et animaux parviennent à économiser cette eau si précieuse grâce à des formes, des processus physiologiyues ou des comportements spécifques.

Par ailleurs, le littoral ayant été épargné par les grands froids des épisodes glaciaires successifs, il s'y est réfugié toute une Ilore et une faune désormais rares ou disparues sous des latitudes plus septentrionales. Ainsi, adaptation au milieu et survivance de temps géologiques révolus se conjugent pour façonner la profonde originalité du "monde vivant des Calanques".

LA FLORE


Falaises, lappiaz et éboulis ne sont pas sans égétation; ce monde minéral sert même de "refuge" à des espèces très rares, protégées par la loi : c'est ainsi que la fougère "scolopendre à feuille triangulaire" n'est plus connue en France que dans les fentes et cavités rocheuses de Marseilleveyre et des îles. "L'herbe à Gouffé" qui n'existe au monde qu'entre Marseille et Toulon, n'est en fait vraiment représentée que dans les éboulis des Calanques. ll est de ce fait fortement recommandé de NE PAS EMPRUNTER LES EBOULIS PENDANT LES RANDONNEES !

Lorsque la décomposition de la roche calcaire a donné un peu de terre, s'installent d'abord de petites herbes, constituant des "pelouses" où fleurit même un iris nain !

Une plus grande épaisseur de terre permet le développement d'arbrisseaux ou arbustes caractéristiques du paysage de garrigue : garrigue à chêne kermes et garrigues à romarin.

L'on y rencontre parfois le Pin d'Alep, seul arbre assez sobre et résistant pour coloniser un milieu aussi ingrat.

II n'y a de végétation dense et élevée que dans les rares vallons où s'accumule la terre et circule un peu plus d'eau.

Les moins froids en hiver abritent des fourrés impénétrables d'oliviers sauvages, de mynes et de lentisques. Ailleurs, chênes verts, viornes-tins, alaternes et fillaires s'organisent en taillis, constituant l'optimum forestier localement possible compte tenu des conditions générales du milieu.

Au bord de mer où atterrissent les embruns, le sel marin présent dans le sol élimine beaucoup de plantes mais en favorise d'autres. Tout paniculièrement vers les Goudes (du Mont Rose à Callelongue), il existe une exceptionnelle concentration d'espèces rares, dont beaucoup sont protégées par la loi : la saladelle naine, la saladelle à feuille d'olivier, la passerine tartonraire et l'astragale de Marseille.

Riche d'environ 900 espèces végétales dont une cinquantaine sont assez rares et une quinzaine protégées par la loi, le Massif des Calanques malgré ses paysages bien souvent nus, constitue paradoxalement un haut lieu floristique.

LA FAUNE


L'intérêt faunistique du Massif des Calanques réside avant tout dans ses falaises yui constituent les sites de reproduction de quelques espèces d'oiseaux rares et remarquables : Aigle de Bonelli, Faucon pélerin, Hibou grand-duc...

Au printemps, on peut observer les acrobaties de l'Hirondelle de rocher et des Martinets (pale et alpin) ou entendre les chants mélodieux des Merles bleu et de roche.

En hiver, les rochers accueillent d'autres espèces d'oiseaux qui nichent dans les Alpes : Tichodrome échelette, Accenteur alpin et Crave à bec rouge.

Pendant le jour, les fissures constituent des abris pour des animaux nocturnes tel le Molosse de Cestoni, chauve-souris insectivore qui atteint 50 cm d'envergure.

Les rochers abritent des mammiferes de plus grande taille, comme le Renard ou la Fouine. Ces carnivores se maintiennent dans le milieu sévère que constituent les Calanques en se nourissant de baies des arbustes de la garrigue.

Le microclimat chaud et sec favorise une grande diversité d'insectes.

II permet également la présence de plusieurs espèces de reptiles parmi lesquels le plus grand lézard et le plus long serpent d'Europe (Lézard occellé et Couleuvre de Montpellier). A noter qu'il n'y a pas de Vipère dans le Massif.

Les îles attenantes présentent également un intérêt ornithologique majeur. En marge de très importantes populations de Goélands leucophée, elles hébergent les colonies des trois espèces d'oiseaux marins nicheurs de méditenanée (Puffin cendré, Yelkouan et Pétrel tempête). L'archipel abrite également le Phyllodactyle, petit Gecko des îles et îlots de la Méditerranée.

LES CALANQUES ... SOUS LA MER


Le relief tourmenté et vertigineux de la partie émergée du Massif des Calanques se poursuit, sous le miroir des eaux, en vallées et collines, en tombants et surplombs, en pitons élancés, en éboulis et chaos de roches, en failles et grottes, en escaliers gigantesques qui se perdent, par paliers successifs, dans le bleu des grands fonds.

Dans ce décor dantesque, la vie marine, s'épanouit dans une incroyable exhubérance.

Les prairies d'algues multicolores des petits fonds ensoleillés partent partout à l'assaut des pans de rochers inclinés... et cette draperie vivante sert de toile de fond à la sarabande folle des petits poissons.

Plus bas, s'étale, majestueux, l'immense herbier de posidonies, milieu privilégié de frai, de nourriture et d'abri pour une multitude d'organismes. Plus bas encore commence le domaine du coralligène, d'une valeur biologique exceptionnelle dans les Calanques. Ce peuplement qui doit son nom au corail, son plus beau fleuron, est une véritable déhauche de concrétionnements spectaculaires, d'empilements de vie aux formes et aux couleurs d'une rare beauté, royaume des éponges et des gorgones multicolores.

Souvent les parois rocheuses sont percées de trous, de failles, d'arches, de boyaux, de grottes dont le nombre et la variété sont rarement égalés ailleurs. Quelle que soit la profondeur de ces cavités ohscures, on y trouve les éléments de la faune profonde. Certaines grottes portent la trace d'une occupation humaine préhistoriyue, dans les temps reculés où le niveau de la mer était plus bas. D'autres sont le siège d'importantes exsurgences d'eau douce.

La valeur des fonds marins des Calanques réside également dans son patrimoine historique et archéologiquc constitué d'épaves, de débris d'épaves et de gisements antiques qui ont été en partie entamés par les pillages et les dégradations.

Le gisement du Grand Congloué constitue la première exploitation scientifique d'une épave antique et l'un des sites de fouille les plus prestigieux de notre littoral. II a permis d'écrire un des chapîtres les plus célèbres de l'histoire de l'archéologie sous-marine. Le Commandant Cousteau et ses compagnons ont réussi à mettre à jour, avec 2500 amphores et 6 000 pièces de céramiques, l'un des plus précieux trésors légués par l'Antiquité qui reposait là, depuis deux millénaires, par 50 mètres de fond.

Les Calanques, c'est aussi l'Eldorado des plongeurs, un des hauts lieux du monde du silence où la nature et l'histoire ont conjugué leurs efforts pour notre plaisir. La cathédrale, l'arche des Farillons, le jardin des Gorgones, la grotte Arc-en-ciel, les Impériaux... sont autant de noms évocateurs de plongées exceptionnelles. La Nacre, la Dentelle de Neptune, la Langouste, le Congre, le Corb, le Denti, le Mostelle, la Liche et le Mérou sont autant de rencontres inoubliables, kaléïdoscope, sans cesse renouvelé qui défile en vrai grandeur devant l'exil émerveillé du plongeur.

QUELQUES REFERENCES CARTOGRAPHIQUES


- Carte Touristique IGN Numéro 269 au 1/ 15 000, Les Calanques de Marseille à Cassis - Carte IGN au 1/25 000, Feuille No 31-45 Est Marseille er No 32-45 Est Aubagne La Ciotat

COMMENT Y ALLER


Bus No 19 . . . . . . . . . . . . . . Métro Castellane-Madrague
Bus No 20 . . . . . . . . . . . . . . Madrague-de-Montredon - Callelongue
Bus No 21 . . . . . . . . . . . . . . Canebière (Bourse) - Luminy
Bus No 23 . . . . . . . . . . . . . . Métro Rond-Point du Prado - Beauvallon pour Morgiou
. Arrêt La Cayolle pour Sormiou

Bus No 45 . . . . . . . . . . . . . . Métro Rond-Point du Prado - Marseilleveyre

Bus Marseille-Cassis (gare routière St-Charles). Demander au chauffeur
l'arrêt de la Ferme des Logissons.


CONSEILS DE SAUVEGARDE ET DE SECURITE


  1. PLAISANCIERS :


  2. RECOMMANDATIONS POUR LES AUTRES USAGERS :


  3. ESCALADEURS :


  4. RANDONNEURS :


  5. PROMENEURS :